Renaud Favre, vigneron dans le Valais a répondu à nos questions :

– Présentez-nous un produit phare de votre gamme

Le Cornalin, vin issu d’un cépage autochtone du Valais. Très capricieux, il est difficile à cultiver. Dans les meilleures années, c’est l’un des plus grands vins que l’on puisse produire dans la région. Sur notre domaine, nous cultivons des vignes de plus de 40 ans et vinifions le Cornalin en cuve. Ceci dans le but d’exprimer les typicités du cépage tout en obtenant un vin doté d’un grand potentiel de garde.

– Comment s’est créé votre domaine, quelle est son histoire ?

Mon père Jean-Claude décida, en 1980, de transformer et de commercialiser la vendange que produisait mon grand-père Maurice. C’est le début de Sélection Excelsus, qui s’est développée et est devenue une entreprise familiale, ma mère travaillant également dans le commerce.

Ingénieur en technologie alimentaire, j’ai préféré une formation plus globale pour ensuite me perfectionner dans le vin. Le millésime 2016 a été le dernier vinifié en solitaire par Jean-Claude puisque j’ai rejoint Sélection Excelsus en 2017, afin d’y assurer plus tard la pérennité.
Aujourd’hui, le travail de la vigne, la vinification et l’élevage des vins sont assurés par Jean-Claude et moi-même, bien aidés par le travail précieux de Joao, fidèle collaborateur depuis une quinzaine d’années.

– Quelle est la philosophie de votre domaine ?

Au niveau de la vigne, laisser vivre la nature sans devoir intervenir trop souvent constitue la philosophie de l’entreprise. La vinification, traditionnelle, suit la même ligne avec l’objectif déclaré de la recherche des caractéristiques et la typicité des différents cépages. Preuve de constance, Sélection Excelsus fait chaque année partie des meilleurs vignerons de Suisse depuis la création de ce classement.

– Comment continuez-vous votre activité dans cette situation de Covid-19 ?

Covid-19 ou non, la vigne suit son cycle, et c’est tant mieux. Il y a donc assez à faire. En cave, des vins sont en élevage et sont l’objet de soins attentifs. Le travail est plus calme au niveau de la vente, mais nous livrons bien-entendu sur demande de particuliers, dans toute la Suisse.

– Qu’attendez-vous d’un sommelier ?

Malheureusement, le vin peut parfois être raconté de manière trop technique, trop académique. J’attends d’un sommelier qu’il transmette simplement des émotions, nos émotions.

– Quelle(s) est/sont votre/vos activité(s) en dehors de votre domaine ?

Les randonnées, toute l’année. La montagne est comme la vigne, elle change au fil des saisons.

J’ai également le plaisir du « bien manger et bien boire ». Si la deuxième activité n’est pas impactée par le Covid-19 (de nombreux et excellents vins de collègues garnissent ma cave personnelle), le « bien manger » dépend en cette période de mes capacités derrière les fourneaux.