Mr Paolo Basso, Meilleur Sommelier du Monde 2013 et œnologue dans le Tessin a répondu à nos questions :

Mr Paolo Basso

– Présentez-nous un de vos produits phares ?

Il Rosso di Chiara, sans doute !
C’était mon premier vin et c’est celui dans lequel, grâce à l’assemblage, je peux exprimer la générosité du terroir tessinois et lui donner une touche personnelle. C’est un vin qui s’adresse aux gourmets car il donne le meilleur de lui-même en accompagnant les mets.

– Comment c’est créé votre domaine ? Quelle est son histoire ?

Mon activité de producteur est née après avoir remporté le titre de meilleur sommelier du monde. C’est une progression vers les sources de ma passion pour le vin. Mais ce n’était pas un choix réfléchi. C’était une opportunité qui s’est présentée et que j’ai saisie sans trop de calculs, sinon je l’aurais laissée tomber. J’ai toujours à l’esprit les propos du baron De Rothschild qui disait : « faire du vin c’est un business. C’est juste un peu difficile les premiers … deux cent cinquante ans ». C’est un projet très exigeant et un défi que j’ai voulu relever. Cette expérience, qui m’a ouvert de nouvelles visions et une approche plus profonde au monde du vin, me passionne de plus en plus. Et je suis de plus en plus conscient que lorsque on dit que dans le vin il y a de l’histoire, de la culture, de la nature, de la science et des traditions, ce n’est pas de la fantaisie mais la vérité.

– Comment tes activités continues durant cette période de confinement ?

Je me prépare à redémarrer après la crise sanitaire et je travaille pour l’avenir. Je n’ai jamais eu le temps de me consacrer au développement de mon site de vente en ligne, que ce soit pour les vins que je produis ou pour ceux de ma sélection, mais je suis maintenant obligé de le faire.
Pour ma part, j’aimerais parler de mes vins personnellement, mais j’apprends aussi à le faire par le biais de l’écran d’un appareil électronique. Après tout, ce sera l’avenir.

– Quelle est ta relation avec l’ASSP ? Et comment l’ASSP et les sommeliers peuvent-ils agir afin de rebondir à la crise du Covid-19 ?

Ma relation avec l’ASSP est profonde et intense, notamment parce qu’elle a accompagné toutes les étapes de ma carrière jusqu’à ce que je gagne le championnat du monde des sommeliers à Tokyo. Je m’occupe maintenant des concours dans le but de stimuler les jeunes à se former et à participer aux compétitions. Le rôle de l’ASSP en ce moment de crise et surtout pour l’après, est celui usuel du sommelier : créer un lien entre le producteur et le consommateur.
Après cette crise, je pense que les consommateurs rechercheront des valeurs sûres et le sommelier devra agir plus que jamais comme un filtre pour la qualité. Le client devra trouver dans la compétence et le savoir-faire du sommelier un point de repère. C’est aux sommeliers de saisir cette opportunité et d’un faire un point de force.

Quelle est ton activité favorite en dehors de ton travail ?

J’essaie de me consacrer le plus possible à la famille pour compenser le temps que je passe à l’extérieur. Ensuite, en été, je pratique le cyclisme sur route et le VTT et en hiver le ski. Bien que pour des raisons de santé cette dernière discipline est malheureusement en nette diminution. Mais j’aime toujours autant les montagnes et le temps que je ne peux plus consacrer au ski je le passe dans les restaurants d’altitude avec des jolis flacons …